Trois hommes et des flingues

Coucou,

Après avoir entendu de nombreuses critiques dithyrambiques sur « une mort qui en vaut la peine » de Donald Ray Pollock, je me suis lancée.

Les trois frères Jewett, se retrouvent orphelins, ils décident donc qu’il est temps de vivre la  vie, la vraie, avec de l’argent et des femmes. Comment arriver à obtenir tout cela? En suivant les traces de Bloody Bill Bucket bien sûr ! Cane, l’ainé,futé et joli garçon, Chimney le volcan et Cob le simplet sympa se lancent dans le braquage de banque.

Dans leur cavale vers le Canada ils vont rencontrer tout un tas de personnes loufoques, blessées, ou perdues. Sortis de leur champ ils vont découvrir que la vie en ville n’est pas forcément facile et croiser des personnes au passé aussi dur que le leur.

Les évènements se déroulent en 1917 et l’auteur sait exactement comment vous plonger dans cette époque ou sévissent les bandits de grands chemins. Vous sentirez la poussière sur votre visage et entendrez hennir votre cheval. Vous y cotoierez des paysans, des palefreniers, des militaires, des prostituées, et même l’inspecteur des installations sanitaires. Pollock parle également des frémissements de la société telle que nous la connaissons, les débuts du Fordisme et la création du travail ouvrier.

Beaucoup de vies se croisent et s’entremêlent, peut-être un peu trop. Les personnages sont très nombreux et Pollock aime bien raconter quelques détails croustillants de leur vie allant jusqu’à alourdir un peu sa narration.

C’est  noir, très noir. On the rocks, Pollock écrit sans fioriture, avec ironie (et humour) parfois mais toujours avec sincérité. Au milieu de ces gueules cassées et de cette galeries de portraits défraichis et d’âmes errantes, au milieu de cette pénombre finit par jaillir l’espoir.

Après « Le diable tout le temps », roman qui a remporté tous les suffrages, Pollock transforme l’essai, il devient un auteur incontournable et est sur la bonne voie pour devenir une référence du genre.

Ma phrase préférée : « Selon Charles Foster Winthrop III, le monde était un endroit injuste, détestable, dominé par un club fermé de riches impitoyables et la seule façon pour un homme pauvre de s’élever au-dessus de sa condition était de mépriser les lois que cette même élite appliquait à tout le monde sauf à elle-même. Et d’après ce que Cane avait vu au cours de ses vingt-trois années d’existence ou, plutôt, de survie, comment ne pas être du même avis ? « 

2 Comment

  1. Beau billet! J’ai adoré ce roman, même si certaines pistes étaient trop peu étayées à mon goût. Beaucoup de portes d’ouvertes… Je n’ai pas encore lu « Le diable tout le temps », mais j’en ai très envie!

    1. DesLivresEtNous says: Répondre

      En effet! Merci pour ton commentaire. Tu devrais te laisser tenter par « Le diable tout le temps », il vaut vraiment le coup !

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