Les « Histoires extraordinaires » de Poe : les origines du polar

Coucou,

Cette semaine je me suis lancée dans un livre qui me fait envie depuis très longtemps, les « Histoires extraordinaires » du grand Edgar Allan Poe. Comme vous avez peut-être pu le voir sur instagram il s’agit en plus d’une édition particulièrement léchée contenant des illustrations de David Plunkert.

Commençons par le commencement. Vous ne connaissez peut-être pas très bien notre cher Poe, je vais d’abord vous en dire un peu plus sur ce grand écrivain.

Edgar Allan Poe est né à Boston dans le Massachusetts le 19 janvier 1809. Orphelin a l’âge de trois ans, le petit Edgar est adopté par une famille qui lui donnera son second prénom : Allan. Il ne s’entend pas sa famille d’adoption et s’engage alors dans l’armée. C’est à cette époque , en 1827 qu’il publiera son premier recueil. Il trouve refuge chez une tante, épouse sa fille, quitte l’armée et publie ses premiers comtes en 1831. Ils déménagent tous les trois à New York où il publie en 1945 « Le corbeau » qui connait un grand succès. Malheureusement son épouse meurt deux ans après et il ne se remariera pas.

Il décède le 7 octobre 1849 dans de mystérieuses conditions. On retrouve Edgar dans une taverne qui sert de bureau de vote, il tient des propos incohérents, il tombe dans le comas et meurt officiellement suite à un AVC. La rumeur s’affole, il serait mort dans une crise de delirium tremens, il aurait eu des problèmes de coeur voire même la rage. La théorie la plus communément admise est qu’il aurait bu un cocktail d’alcool et de narcotiques offert par des agents s’occupant de la campagne électorales essayant d’entrainer les personnes ainsi droguées à voter. Le coeur de Poe n’a pas tenu le choc.

Les contes que vous retrouverez dans ce superbe livre sont les suivants :

Ne pariez jamais votre tête au diable :
Ne pariez jamais si vous n’êtes pas certain de gagner, vous pourriez y perdre la tête !
Le cœur révélateur :
Un homme essaie de prouver qu’il n’est pas fou.
Le chat noir :
Poe y explique pourquoi il ne faut jamais faire de mal à son chat, car, oui, il vous le rendra !
Bérénice :
Une histoire de revenant qui fait mal… aux dents.
La chute de la maison Usher :
Il est question de maladie inconnues provoquant une hyper acuité des sens et de culpabilité.
Le masque de la mort rouge :
Le prince Prospero vit tranquillement en se moquant de l’épidémie qui décime la pauvre population du royaume, la maladie elle-même viendra se venger.
Le puits et le pendule :
Poe raconte les sévices subits par un prisonnier de l’inquisition espagnole.
Double assassinat dans la rue Morgue :
Deux femmes sont retrouvées mortes dans d’étranges conditions, Auguste Dupin mène l’enquête.
Hop-Frog :
Le bouffon du roi décide de se rebeller.
La vérité sur le cas de M. Valdemar :
Une expérience étrange de magnétisme.
La barrique d’Amontillado :
Une histoire de vengeance mortelle envers un ami.
L’ensevelissement prématuré :
Le cauchemar d’être ensevelit vivant.

et quelques poèmes :

– Tamerlan
– Seul
– Lénore
– La dormeuse
– La cité en la mer
– Le palais hanté
– Le ver vainqueur
– Terre de songe
– Anabel Lee
– Un rêve dans un rêve
– Les cloches
– Le corbeau

 J’avais envie de lire du Poe depuis très longtemps, j’avais donc de très grandes attentes. Certaines nouvelles des « Histoires extraordinaires » sont un peu lourdes, froides, écrites de manière scientifique. Dans « La vérité sur le cas de M. Valdemar », Poe décrit les conséquences physiques de la mort comme le ferait un médecin légiste.

Cependant, il faut noter que le très célèbre « Double meurtre dans la rue Morgue » tient ses promesses. Poe y fait évoluer un détective amateur, il y décrit les mécanismes du raisonnement qui permet de comprendre le fonctionnement de l’esprit humain et l’enchainement des pensées, il dissèque le mécanisme qui mène à la déduction. Cette nouvelle a d’autant plus d’intérêt lorsque l’on sait que sans elle, Conan Doyle n’aurait peut-être pas créé son Sherlock Holmes.

« Le chat noir » fait partie des nouvelles les plus savoureuses et permet au lecteur d’appréhender l’étendue de l’humour de Poe. Amateur d’ironie et d’humour noir, jetez-vous sur cette très courte histoire !

Globalement les nouvelles sont plutôt courtes, trop courtes? Personnellement je suis quelque fois resté sur ma faim. Le côté extraordinaire des histoires ont peut-être perdu un peu de leur superbe avec le temps mais Poe n’a incontestablement pas volé son statut d’écrivain inoubliable.

Sa vie, et surtout sa mort étrange ajoute du mystère autour de l’histoire de l’écrivain. son univers noir et quelquefois glauque a fait de lui un artiste unique, un précurseur. Père du policier et du fantastique il saupoudre avec génie ses histoires d’ambiguïté, laissant le lecteur dans le doute, hésitant entre folie et réalité. Ses textes se savourent et demandent du temps pour être appréciés à sa juste valeur. Je sais que je suis passé à côté de certaines nouvelles par manque de temps, comme si je passais devant une peinture sans m’arrêter pour en regarder les détails.

Ma phrase préférée : attention coup de folie, il y en a deux cette semaine !

« Mais, comme en éthique, le mal est la conséquence du bien, de même, dans la réalité, c’est de la joie qu’est né le chagrin ; soit que le souvenir du bonheur passé fasse l’angoisse d’aujourd’hui, soit que les agonies qui sont tirent leur origine des extases qui peuvent avoir été. »

« Il faut qu’on sache que je n’avais donné à Fortunati aucune raison de douter de ma bienveillance, ni par mes paroles, ni pas mes actions. Je continuai, selon mon habitude à lui sourire en face, et il ne devinait pas que mon sourire désormais ne traduisait que la pensée de son immolation. »

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