Emmanuel Venet – « Marcher droit, tourner en rond » : la vérité rien que la vérité

Coucou,

Cette semaine j’ai lu « Marcher droit, tourner en rond » d’Emmanuel Venet.

On suit, dans ce court livre, les pensées d’un homme atteint du syndrome d’Asperger alors qu’il est à  l’enterrement de sa grand-mère.

Pour rappel le syndrome d’Asperger est une forme d’autisme sans retard intellectuel, provoquant des difficultés dans les interactions sociales. Les personnes qui en sont atteintes reçoivent les informations correctement mais le traitement des données est fait avec difficulté. Pour les personnes qui en sont atteintes, il est difficile de comprendre l’ironie, le détail prime sur le global et ils connaissent de vraies difficultés d’adaptation au changement.

Emmanuel Venet sait de quoi il parle puisqu’il est psychiatre. Il donne ainsi force et crédibilité à ce personnage maladroit, timide mais terriblement touchant.

Il s’agit d’un monologue, Venet couche sur papier les pensées du quinquagénaire alors qu’il assiste à l’entrerrement de sa grand-mère et ne comprend pas toute l’hypocrisie qui entoure cet évènement. En effet, il ne comprend pas pourquoi on offre à cette femme un enterrement religieux alors qu’elle ne croyait en rien et s’offusque de voir sa famille décrire sa grand-mère comme une femme aimante et généreuse alors qu’il la voyait comme une mégère.

Il nous parle de ces petits arrangements avec nous-mêmes, ces petits secrets que l’on pousse discrètement du pied sous le tapis pour nous rendre la vie plus simple. Et on arrive à se reconnaître à lui, tout ce que l’on pense lors de repas de famille mais que l’on ne dit pas pour ne pas blesser ou tout simplement parceque cela ne se fait pas… Et bien lui, il ….dit tout. La vérité. Crue. Et ça fait du bien !

C’est drôle (il se demande pourquoi il ne peut plus approcher la femme qu’il aime alors que… bon… je vous laisse découvrir), et émouvant mais l’on comprend que sa soif d’exactitude puisse être agassante. On découvre une personne qui prend du plaisir à parler scrabble et crash aérien mais qui se sent incompris, qui ne rencontre personne partageant ses passions, et qui a du mal à se faire comprendre.

L’apparente légèreté des propos tenus par notre protagoniste cache en réalité quelque chose de plus profond qui questionnera chacun. Certes il  a du mal à s’intégrer, il n’arrive pas à séduire la femme qu’il aime mais l’amour que rencontrent les autres et les amis qui les entourent ne sont que paraître et superficialité, si on gratte un peu, ce que l’on découvre n’est pas très beau à voir.

Un petit bémol… il faudrait nous expliquer pourquoi  les pires personnages de son livres sont toutes des femmes. Elles sont aigries et débordent de mauvaise foi alors que les hommes de Vernet sont curieux, patients et plutôt intelligents?

Ma phrase préférée :

« On nous serine à plus grande échelle qu’il nous faut à la fois abattre les dictatures et vendre au tyran des armes pour équilibrer notre balance commerciale; produire plus de voitures et diminuer les émissions de gaz d’échappement; supprimer les fonctionnaires et améliorer le service public; restreindre la pêche et manger plus de poisson; préserver les ressources en eau douce et saloper les aquifères au gaz de schiste. »

2 Comment

  1. Ce livre a l’air très interessant 😮

    1. DesLivresEtNous says: Répondre

      Oui ça change un peu !

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