Marcel Audiard – « Le cri du corps mourant » : Le club des cinq 2.0

Coucou,

Cette semaine j’ai lu « Le cri du corps mourant » de Marcel Audiard.

Audiard… Audiard… ce nom vous dit quelque chose? Et oui, Marcel est le petit-fils de Michel Audiard, réalisateur notamment du cri du cormoran le soir au-dessus des Joncques. Audiard rend donc hommage à Audiard avec un titre très bien trouvé qui anonce la couleur : Marcel va nous éparpiller au quatre coins de Paris façon puzzle !

 

 

L’histoire est multiple, il y a d’abord Puce, 14 ans qui décide de partir avec quatre compagnons de classe à la recherche de son frère cadet enlevé par son père à la sortie de l’école. Puis il y a des truands qui utilisent une ancienne clinique pour cacher leur petite activité d’extorsion de fonds. Et, enfin, de la flicaille pas très efficace.

Alors certes Marcel a hérité de cette manière de parler, de ce ton rude à l’accent Parisien, qui faisait le charme des films de Michel, mais on y trouve aussi un apport personnel, quelque chose dans le style qui fait penser aux polars classiques américains. Certains pourront trouver sa plume un peu lourde, et pourtant, elle colle bien à une histoire qui n’aurait pas le même impact avec un langage moins… « fleuri ».

Il y a un petit côté « vintage » : les méchants sont méchants, prêts à tout pour se faire de l’argent facile, pas d’entourloupes pshychologiques ou de mises en scènes grandioses… ils n’en ont pas les capacités. Et les gentils eux, ont des problèmes avec l’autorité, ils sont prêt à contourner les règles pour parvenir à leurs fins.

Le style brut et les personnages toujours prêts à se battre pour atteindre leur objectif est appréciable mais on a souvent du mal à y croire. La mère semble au bord de la neurasthénie alors que son enfant de 10 ans vient de se faire enlever et traite la maladie de sa fille avec une désinvolture assez inquiétante. Des adolescents de 14 ans font un meilleur travail que la police et certaines personnes n’hésitent pas à leur confier des preuves… Les ficelles sont quelques fois trop grosses mais l’auteur devrait pouvoir trouver un juste milieu dans les romans à venir.

L’anorexie de Puce et sa volonté de maitriser son corps a été bien documentée mais l’empathie n’est pas là. Audiard aurait pu tuer n’importe lequel de ces personnages sans créer un début d’émoi et c’est un peu problématique.

« Le cri du corps mourant » appelle une suite, ne paniquons pas, il s’agit peut-être de la mise en place d’un décor qui trouvera sa profondeur dans les prochains tomes.

Stay tuned !

Ma phrase préférée :

« – T’as de la chance ! Moi, elle rentrait par wagon, à l’époque. La dope, c’est un outil de régulation sociale. Elle sélectionne les plus résistants et elle élimine la racaille qui coûte à tout le monde; »

Laisser un commentaire