Christopher Moore « Le lézard lubrique de Melancholy Cove » : Chaleur sur la ville

Coucou,

Après le choc subit à la lecture du magistral « Anima » de Wajdi Mouawad, j’avais besoin de quelque chose de léger. J’ai donc plongé tête la première dans ce livre au titre aussi étrange qu’évocateur : « le lézard lubrique de Melancholy Cove » de Christopher Moore.

Luxure et reptile sont donc au programme des 434 pages de ce roman fantasque.

Melancholy Cove est une station balnéaire dont les habitants savourent, au mois de septembre, le calme revenu. Cette année, point de calme pour la petite bourgade qui doit faire face à l’étrange suicide de Bess pour lequel Théo, flic drogué, mène l’enquête. Val, seule psychiatre du coin, culpabilise car elle pense que le suicide est dû aux calmants qu’elle prescrivait à la jeune femme, elle prend alors une décision radicale et demande au pharmacien (qui a une attirance sexuelle incontrolable pour les mammifères marins…) de remplacer le prozac par des placebos. Pendant ce temps, Catfish le bluesman, fait son arrivée dans la ville, réveillant au passage l’énorme créature qui était endormie dans les tréfonds de l’océan et qui ne pense qu’à se venger du musicien. Le reptile sera dompté par la folle du village, ancienne actrice de série Z, qui ne se contentera pas de lui donner un nom stupide et ira jusqu’à assouvir les fantasmes sexuels de l’animal.

Une vague de chaleur innonde la ville et la libido de ses habitants explose. La secrétaire de Val passe alors sont temps à « se polir l’hibiscus pendant les heures de bureau »

Alors, comme ça, ça a l’air farfelue… Je vous le confirme, « Le lézard lubrique de Melancholy Cove » donne dans l’absurde, le fantasque, le délirant. Les dialogues sont jetés sur les pages avec la décontraction et le décalage le plus total.

Le style est très abordable mais recherché, Moore envoie des phrases bien senties et des expressions complètement loufoques, il maitrise l’art du too much  avec brio.

L’auteur arrive à enchainer les situations hubuesque tout en racontant une histoire compréhensible et qui aurait presque du sens. En grattant un peu, on découvre sous la couche de cynisme et de millième degré un discours de fond sur les rapports humains, les préjugés et le rejet.

« Le lézard lubrique de Melancholy Cove » est un polar sous amphétamines, qui vous transportera dans un drôle de monde parallèle. Le livre n’est peut-être pas franchement hilarant et souffre de quelques petites longueurs mais reste très plaisant. A prescrire lors d’une petite baisse de moral !

Ma phrase préférée :

« Dans chacune de ses tentatives artistiques, Théo avait atteint la médiocrité à la vitesse supersonique.Les dieux l’avaient doté d’une âme d’artiste mais avaient oublié de lui donner une once de talent. Théo connaissait les affres du manque d’inspiration tout en ayant rien d’un créateur. »

 

 

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