Chuck Palahniuk – « A l’estomac » : La crise de foi(e)

Coucou,

Cette semaine j’ai lu les 544 pages d’ « A l’estomac » de Chuck Palahniuk dont le titre original est « Haunted ». On peut se poser la question de la qualité des traductions choisies et de la volonté de trouver des titres peut-être plus percutants mais qui dénaturent le sens que l’auteur a voulu donner à son ouvrage.

« A l’estomac », c’est l’histoire de 23 écrivaillons qui tombent sur une anonce leur proposant de tenter une expérience :être enfermé pendant trois mois dans un appartement afin d’écrire THE chef d’oeuvre.
La proposition est alléchante, en effet, ils ont tous besoin d’échapper à quelque chose et rêvent de gloire. Une fois sur place, ils perdent le contrôle, mélangent la réalité et la fiction et mettent en place une compétition féroce. C’est à celui qui aura été le plus mutilé (mutilé mais glamour), qui aura le moins mangé et vu le plus d’horreurs, ils s’imaginent que plus leur enfermement aura été terrible plus leur histoire fera parler.

Chaque chapitre est découpé en trois parties : une première partie sur l’enfermement des écrivains, un poème sur l’un d’entre eux et une nouvelle retraçant leur vie entre vérité et invention.

La légende veut que lors de lectures publiques de la nouvelle « tripes » des personnes de l’audience se soient évanouies. Les doutes sont permis, on peut se demander à quel degré d’horreur il faudrait arriver pour causer l’évanouissement de plusieurs personnes ! CLairement, (mais peut-être suis-je sans coeur) je n’ai eu aucune nausée à la lecture de cette nouvelle qui est, certes un peu dégueulasse, mais n’est pas non plus d’une horreur absolue.

L’écriture est interressante et percutante mais la lecture de ce roman reste d’un véritable ennui. Les poèmes écrits pour chacun des personnages n’ont aucun intérêt, ils ne sont pas bien réalisés et ne servent aucunement l’intrigue.

Le point fort d' »A l’estomac » reste les nouvelles. On peut se demander si Monsieur Palahniuk n’aurait pas pu se contenter d’en faire un recueil, il n’aurait ainsi pas eu à broder entre celles-ci. Car, oui, l’histoire de fonds sur les écrivains est sans intérêt. C’est l’escalade du dégueulasse entre 23 personnes stupides, prêtes à tout pour une hypothétique gloire. Alors, certes, il s’agit d’une critique acide du rêve américain et de notre société actuelle mais avait-on besoin de faire la course au sordide pour faire passer ses idées?

Palahniuk a déclaré que ses jeunes lecteurs forment un public blasé, exigeant d’être choqué et scandalisé, demandant aux auteurs d’inventer les pires horreurs qu’il puisse imaginer…
Il est probablement plus difficile de choquer aujourd’hui mais le propos même n’est-il pas de partager quelque chose de plus important qu’une course au gore? Il émane de ce roman un sentiment de superficialité et d’arrogance mal placée.
Etant moi-même une amatrice de romans noirs, de polars et d’horreur je dois vous dire que je me suis fermement ennuyée ! « ha ouais ok il découpe sa fesse pour la manger, y’a du sang partout… oui, bon et sinon? Quelque chose d’interressant à dire? ».
On peu terroriser lorsqu »il y a quelque chose de fort derrière, parceque vous vous êtes attachés aux personnages, parceque ça vous touche, parceque vous sentez que ça pourait vous arriver. Ici, les ficelles sont grossières et le livre manque d’âme. Ici, on frôle la crise de foie.

Les 23 écrivains ne sont pas appelés par leur prénom mais par des surnoms expliqués au début du livre et qu’il est impossible de retenir, de sortes que l’on fini par ne plus savoir qui est qui.

Vous l’aurez compris le sentiment que je garde de cette lecture est d’avoir perdu plusieurs heures de ma vie !

Un conseil, jetez-vous sur « Anima » de Wajdi Mouawad et oubliez vite celui-ci…

Ma phrase préférée :

« Le décalage entre son apparence réelle et l’image qu’on a de soi-même est capable de tuer la plupart des gens. »

Si le livre vous tente tout de même, voici le lien :

2 Comment

  1. Bonjour,
    Merci pour ce bel article qui donne très envie de lire le roman. Je suis professeure de français, passionnée de lecture et je viens de tomber sur ton blog ( je flânais sur la page instagram de Michel Bussi ^^ ). C’est un vrai petit bijou, je le mets illico dans mes favoris !
    J’ai fait un blog moi aussi très récemment dans lequel je parle de voyage, de cuisine et de lecture ( mes trois passions ) mais il est loin d’égaler le tien. J’adore, bravo !

    1. DesLivresEtNous says: Répondre

      Merci beaucoup pour ton message, c’est trop gentil et n’hésite pas à me donner ton avis ! Je vais de ce pas faire un tour sur ton blog !