Paco Ignacio Taibo II – « Défunts disparus » : L’enquête Mexicaine

Coucou,

Le wifi ayant été une denrée rare lors de notre voyage au Yucatán , j’ai préféré attendre mon retour pour vous parler de mes lectures Mexicaines. Je vous réserve mon article sur le voyage pour la semaine prochaine… J’espère qu’il vous plaira et que vous prendrez autant de plaisir à le lire que ce que j’en ai à vous en parler !

Aujourd’hui je vous parle donc de « défunts disparus » de Paco Ignacio Taibo II. Pour ce voyage, au delà de mon envie de lire une histoire qui se déroulait au Mexique, j’avais envie de lire une histoire écrite par un Mexicain afin de pouvoir m’immerger totalement dans cette culture que je connais très peu.

Le détective Hector Belascoáran Shayne est un détective bien connu de Paco Ignacio Taibo II puisqu’il est un personnage récurrent de ces romans. L’homme est un peu rustre, c’est un policier « à l’ancienne » avec un langage des plus fleuri et une petite particularité physique : le monsieur est borgne. Une sorte de Columbo Mexicain donc mais en beaucoup moins patient !

Dans les « Défunts disparus », le détective se voit confier une mission des plus inhabituelles puisqu’il doit mettre la main sur une victime de meurtre qui… n’est pas mort ! L’avocate qui fait appel à lui défend Merardo Riviera, un instituteur qui a le malheur d’être également syndicaliste et qui, par conséquent, gène. L’avocate est persuadée que l’emprisonnement de Merardo est un coup monté pour le mettre hors d’état de nuire.

Après la lecture de  « Ni vivants, ni morts » de Federico Mastrogiovanni, je commence à comprendre que les problèmes de corruptions de la police est un réel problème dans ce pays, et vont au dela de ce que l’on peut imaginer.

L’écriture est sans fioriture, le détective (et l’auteur) vont droit au but quitte à y aller avec de gros sabots. Hector Belascoáran Shayne n’est pas là pour tourner autour du pot, il fonce au risque de commettre quelques erreurs. Son enquête est mise en parallèle, au début de chaque chapitre, avec des citations bien choisies de Sherlock Holmes, ce qui est assez plaisant, même si, il faut le reconnaitre, notre enquêteur Mexicain fait moins dans la finesse.

Paco Ignacio Taibo II  aime l’absurde et l’humour noir et il s’en sert pour dénoncer les dysfonctionnement de son pays. Au delà de la simple enquête, il nous parle de la violence et de la corruption administrative, politique et policière du Mexique.

Le roman est extrêmement court (124 pages). Il a donc l’avantage d’être lu très rapidement et le défaut d’être lu trop rapidement. On aurait quelquefois préféré prendre notre temps pour approfondir notre relation avec les personnages, regarder le paysage autour de nous et trainer un peu plus avec Hector.

« Défunts disparus » a le mérite de nous faire découvrir une autre culture du roman policier, une manière différente d’appréhender l’écriture , des personnages différents évoluant dans une société qui n’est pas la notre et dont nous n’avons pas l’habitude, et il faut pour cela remercier les maison d »éditions qui prennent la peine de traduire ces romans.

Ma phrase préférée :

 » – Qui cherche des problèmes les trouve, mon fils, dit le curé.

– Qui cherche la vérité fait chier un max, mais la fin justifie le dérangement… En plus, mon père était non seulement athée, mais honnête homme, répondit le détective en clignant de son seul œil à l’adresse du curé. »

Si le livre vous intéresse, c’est par ici :

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