Carolina de Robertis – « les dieux du tango » : Braver l’interdit

Coucou,

Cette semaine j’ai plongé au coeur de l’argentine, dans la chaleur des bars où règnent « les dieux du tango ».

Nous sommes en 1913, Leda est encore adolescente quand elle quitte son village natal italien pour rejoindre son époux en Argentine. Elle ne le sait pas encore mais son destin n’est pas de construire une famille avec cet homme. Elle va se retrouver seule dans cette ville à une époque où une femme ne peut pas arpenter les rues de la ville sans être accompagnée. Pour avoir le droit de jouer du violon et apprendre le tango elle devra devenir un homme et apprendre à se faire respecter.

Le roman  de Carolina de Robertis aborde des thèmes fondamentaux tels que la place de la femme dans la société, la lutte des classes et l’acceptation de la différence. La musique, et surtout le tango, tient une place très importante, elle devient un personnage à part entière, un outil d’émancipation. On regrettera cependant le manque de musicalité du style et la place trop importante donnée à la recherche de l’identité sexuelle de Leda.

Certains passages trainent en longueur alors que plusieurs angles de vues auraient mérités d’être approfondis et plusieurs personnages auraient dû être plus fouillés. On pourrait presque croire que l’émancipation de Leda passe plus par la découverte des corps que par celle de la musique ou des quartiers de la ville.

Malgré ces quelques petits bémols « Les dieux du tango » est un livre très poétique. J’aurais presque envie de vous dire que, finalement, la scène la plus forte est au début du livre, quand Leda embarque sur le grand paquebot, prête à traverser l’océan vers une nouvelle vie. On penserait presque à Marguerite Duras dans « L’amant » dont le destin va changer sur le bac qui traverse le Mekong. Mais je vais peut-être trop loin!

Carolina de Robertis brise les taboo, elle défie l’interdit, car, finalement, on a qu’une vie et celle de Leda fut très belle.

Ma phrase préférée :

« Elle voulait être libre, elle voulait tout goûter de cet endroit même si elle devait en mourir. »

Si vous voulez entrer dans la danse c’est par ici :

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