Antoine Jaquier – « Légère et court vêtue » : Génération sacrifiée

Coucou, cette semaine j’ai lu « Légère et court vêtue », le dernier roman d’Antoine Jaquier paru le 17 mai dernier.

Le thème qu’Antoine Jaquier a choisi d’aborder est celui des difficultés rencontrées par la génération Y. Etant née dans les années 80, j’avais hâte de découvrir le point de vue de l’auteur sur le quotidien des jeunes trentenaires.

L’auteur nous raconte l’histoire de Mélodie blogueuse mode désabusée de 24 ans, amoureuse de Tom, la trentaine,  un photographe looser.

La première partie du livre traite presque uniquement de la relation chaotique des deux protagonistes. Il s’aiment et se détestent, il perd tout son argent au poker, elle s’accroche à son rêve d’être avec lui. C’est à la fin de cette première moitié que l’on se demande ou Jaquier veut en venir. L’idée que je me fais de la génération « Y » n’est pas celle que l’auteur a décidé de dépeindre. Ce que je vois dans notre société c’est une génération qui s’est sentie obligée de faire mieux que leurs ainés en enchainant les années d’études et les diplômes qui ne serviront à rien. C’est une génération qui est née avec l’idée qu’avoir un travail, finalement, c’est déjà beaucoup. Une génération née avec le Sida et la désillusion. Les trentenaires  ne sont pas nés avec un téléphone portable dans les mains, même s’ils maitrisent parfaitement les réseaux sociaux, ils ont connus un avant qui les plonge dans la nostalgie. Nous faisons partie de ces personnes qui ont du mal à grandir car grandir c’est accepter de se lever le matin en découvrant de nouveaux actes terroristes, c’est se coucher le soir sans savoir de quoi demain sera fait. Jaquier, lui, nous décrit une jeune femme qui vient d’un milieu aisé, une blogueuse lasse qui n’a pas peur de ne pas pouvoir payer son loyer car elle peut toujours obtenir de l’argent de son père.

La deuxième partie du livre, elle, aborde enfin les vraies problématiques. Mélodie se pose des questions sur le massacre de Charlie Hebdo, sur ses tenues vestimentaires et on rencontre enfin les oubliés de la société, mais l’arrivée tardive de ces réflexions ne permet pas à Jaquier d’approfondir le sujet. On peine donc à s’attacher aux personnages et on finit même par ne plus chercher à comprendre leurs choix. Si je rencontrais Mélodie, je la détesterais probablement. Nous sommes face à une jeune fille qui gravite autour d’un milieu de privilégiés, elle vit de mondanités, elle aime personne et tout le monde, elle veut porter des jupes courtes pour résister puis hésite à mettre un voile pour faire plaisir à un homme.

Tout n’est pas noir cependant, si le livre n’est pas parfait, il a au moins le mérite de poser des questions. Son gros point fort est le final qui n’aurait pas pu être plus parfait.

Pour terminer, l’idée générale du livre est bonne mais j ‘ai du mal à comprendre les choix fait par l’auteur. Je vous invite cependant à vous faire une idée par vous même.

Ma phrase préférée :

« Le concept même du proletariat est devenu dangereux car il induit un sentiment d’appartenance, donc une identité. Ça va de pair avec le nivellement parle bas de la classe moyenne. Ce que veulent les dirigeants, ce sont des pauses innombrables mais isolés, le nez dans leur écran. L’oubli total de la lutte des classes. »

Si vous voulez vous lancer dans l’aventure, c’est par ici :

Laisser un commentaire