Virginie Despentes – « Vernon Subutex 3 » : Un adieu à la hauteur

Coucou,

Cette semaine je vous parle du dernier tome de la trilogie « Vernon Subutex » de Virginie Despentes.

Subutex, le disquaire devenu SDF, vit dans une communauté nomade. Il a quitté Paris pour devenir le leader du groupe et organise des soirées appelées « convergences » dans lesquelles il mixe les bandes de Bleach. La dimension qu’il prend est celle d »un chaman, il envoute et met en transe toutes les personnes présentes lors de ses prestations.

Depuis 1993 avec « Baise moi » Virginies Despentes est incontournable. Elle porte en elle un esprit révolté, elle sent la clope, la rébellion et la transgression. Féministe, femme engagée, gueule cassée, elle traverse son époque à coup de hache.

Aujourd’hui, elle a 45 ans, le regard qu’elle porte sur notre monde est, certes plus serein, mais elle n’a rien perdu de sa fougue. Elle est d’une intelligence, d’une sincérité et d’une lucidité rare. Elle est la rose qui a poussé au milieu d’une décharge. Vous l’aurez compris, le respect et l’estime que je porte pour cette femme est sans limite.

Ici encore, dans son dernier roman, en peintre de génie, elle dessine des personnages aux nuances subtiles. Elle peint une galerie de portraits d’un incroyable réalisme et n’hésite pas à mélanger les classes sociales, les religions, les ambitions et les désespoirs.Les extrêmes se côtoient, se jugent et se mélangent.

Son récit est ancré dans notre réalité, le terrorisme touche tout le monde, les riches comme les pauvres et chacun a une manière particulière d’appréhender la violence. Despentes plonge au coeur des places Parisiennes, dans les mouvements de « nuit debout », elle monte au créneau, défend les opprimés, elle ne lâche rien.

Le roman est doté d’une vraie bande son, l’auteure connait la musique et ses pouvoirs, elle transcende les moeurs, elle est ce langage universel qui met tout le monde d’accord. Vernon est un superhéros dont le pouvoir est de trouver la bonne musique au bon moment, il fait plier les plus réfractaires.

Un petit point négatif, je n’ai pas compris l’intérêt des 4 derniers pages… Despentes nous offre une sorte de postface complètement délirante… Je n’en dis pas plus.

Beaucoup comparent cette trilogie avec la « Comédie humaine » de Balzac, qu’ajouter à cela, mis à part que Despentes est une des meilleure choses qui soit arrivé à la littérature Française depuis bien longtemps!

Ma phrase préférée (Parce qu’elle me ressemble un peu) :

« Les jours de départ, Stéphanie est toujours stressée. Elle sait que tout va bien se passer, qu’il n’y a pas de raison de s’inquiéter. Mais elle est persécutée par une force invisible qui rend parfaitement vraisemblables les idées les plus absurdes. Elle ne veut plus partir en vacances, elle a eu tort de se mettre dans ce projet avec des amis, la perspective de laisser son appartement la bouleverse, elle n’est pas prête, elle doit préparer les valises, imprimer les billets, sa vie entière lui apparait comme une vaste catastrophe, elle doit fournir un effort gigantesque pour se ressaisir et se souvenir que non, le suicide n’est pas la seule solution. On ne se suicide pas parce qu’on doit partir quelques jours à Barcelone. Quand bien même il faut prendre un avion et ne pas oublier le passeport du petit, on ne met pas fin à ses jours parce qu’on part en week-end. »

c’est par ici :

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