Malcolm Lowry – « Au-dessous du volcan » : Une tragédie étylique

Coucou,

Cette semaine j’ai lu un grand classique que je ne connaissais pas, « Au-dessous du volcan » de Malcom Lowry.

Nous sommes en 1938 au Mexique, le jour de la fête des morts, Geoffrey Firmin, consul déchu de Grande-Bretagne et ivrogne invétéré retrouve la femme qu’il aime. Yvonne était partie un an plus tôt,  après l’avoir trompé avec Jacques Laruelle, elle a demandé le divorce. Mais elle aime encore Geoffrey, elle lui écrit de longues lettres d’amour restées sans réponse, et pour cause, il ne recevra sa première carte qu’après le retour d’Yvonne suite à des problèmes postiers.

Le livre est construit en douze chapitres retraçant la journée du retour d’Yvonne du lever au coucher du soleil. Attention cependant, le premier chapitre fait exception, il se passe un an après leurs retrouvailles.

La préface est très importante car Lowry donne des clés pour comprendre son récit. L’auteur avait reçu une lettre de son éditeur lui indiquant que son roman ne sortirait pas sans avoir subit quelques coupes, en effet, le livre avait été jugé trop long, trop prétentieux et trop compliqué. Lowry écrivit alors une longue lettre datée du 2 janvier 1946 expliquant pourquoi son livre devait être édité tel quel. Cette préface lui permet donc de défendre ses choix avec poigne, passion, tendresse et humour.  Pari réussi pour l’écrivain qui vit sont livre édité sans modification.

La lecture d' »Au dessous du volcan » met le lecteur dans un état proche de celui de la gueule de bois. Geoffrey, en buvant son première verre de Tequila, ne pense qu’au prochain. Tequila et bières sont consommés sans modération mais il essaie de se tenir loin du Mescal qu’il sait être fatal pour lui. Certains passages sont clairs puis il se met à délirer, plus rien n’a de sens et le pauvre lecteur est embarqué malgré lui dans les rêveries étyliques de Geoffrey.

Quelle place pour l’amour quand la seule chose qui occupe votre esprit du matin au soir est une bouteille d’alcool? Geoffrey et Yvonne s’aiment mais une force invisible les sépare. Tout le long du livre, les protagonistes tentent de nager à contre courrant jusqu’à la noyade. La fin sera tragique.

Le roman tourne au autour de l’enfer et de la mort. Nous le savons dès le départ, le consul va y laisser sa peau. L’homme est incapable de prendre les décisions qu’il sait pourtant être les meilleures pour lui. A l’image de la grande roue, le « machina infernal » qui est omniprésente tout au long du récit, la vie de Geoffrey tourne en rond, il est entrainé dans une course infernale qu’il ne peut stopper. Il caresse quelquefois du bout des doigts l’espoir de s’en sortir, il entrevoit des images furtives d’un bonheur possible mais toute sa bonne volonté est dissoute dans la fumée de cigarette lorsqu’il atteint le fond de la bouteille.

Le livre prend encore une autre dimension lorsque l’on connait l’histoire personnelle de Lowry. Le personnage d’Yvonne est inspirée de Jan Gabriel, sa première épouse dont il se séparera à cause de son penchant pour l’alcool.

« Au-dessous du volcan » n’est pas une lecture de plage, il se lit doucement, il demande du travail mais il en vaut la peine, au delà d’une oeuvre littéraire il est une oeuvre d’art.

Ma phrase préférée « Qu’est l’homme, sinon une petite âme qui maintient debout un cadavre? »

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