Franz Kafka – « Le procès » : Nul n’est censé ignorer la Loi

Coucou,

Cette semaine je me suis attaquée à un nouveau classique, « Le procès » de Kafka.

Pour info, « Le procès » est le première livre de Kafka à avoir été publié après sa mort et ce, contre sa volonté. En effet l’écrivain avait demandé à un ami de brûler tous ses écrits. Il considérait « Le procès » comme une oeuvre « inachevée, inachevable et impubliable ».

Joseph K. est fondé de pouvoir dans une banque, sa vie est plutôt médiocre et tranquille jusqu’à ce beau matin de printemps où deux agents de police énigmatiques débarquent pour lui notifier son arrestation. Les hommes refusent de lui indiquer la raison de cette arrestation soudaine et finiront par partir, le laissant libre. Un long procès commence alors. Mais ici, point d’audience, il n’y a ni plaidoirie ni échange contradictoire, l’accusé est tenu à l’écart de la procédure.

K étouffe, que ce soit dans les archives du tribunal, dans l’atelier du peintre ou dans « le bureau » de son avocat, il perd pied.

Comment se défendre lorsqu’on ne connait pas les chefs d’accusation? Un des passages les plus savoureux est celui dans lequel K, pour se défendre, couche sur papier toutes les actions qu’il a commises dans sa vie. La justice est ici une machine déshumanisée qui détruit tout sur son passage. Elle est partout, en tout lieux (chez l’artiste peintre) et en toutes personnes. Elle agit sans garde-fou et accuse sans avoir à se justifier. L’étau se resserre autour de K, il a beau gesticuler, il est  prisonnier d’elle et son apparente liberté est un leurre. La justice est derrière chaque porte qu’il ouvre.

L’absurdité de la situation contribue à rendre l’histoire que nous raconte Kafka dérangeante et oppressante. On ne connait pas le passé de K comme si l’histoire de sa vie débutait avec le procès. On ne sait pas s’il est coupable mais après tout, peut-on être innocent? N’est-on pas déjà coupable d’exister?

« Le procès » est un récit symbolique dans lequel l’auteur utilise l’absurde pour exposer une théorie sur l’existentialisme. C’est un récit comportant de nombreuses facettes lui permettant de prendre la place de livre incontournable et classique.

Ma phrase préférée :

« Tu vois ça, Willem, dit-il, il reconnaît qu’il ignore la loi, et il affirme en même temps qu’il n’est pas coupable! »

Pour découvrir l’oeuvre de Kafka, c’est par ici :

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