Anthony Burgess – « L’orange mécanique » : Le chef d’œuvre

Coucou,

Cette semaine j’ai été vraiment heureuse de pouvoir découvrir le livre dont est tiré mon film préféré, « L’orange mécanique » d’Anthony Burgess. J’espère, modestement, pouvoir aider à la réhabilitation de ce classique vu par certains comme une apologie de la violence.

Nous sommes dans un futur proche (le livre a été édité en 1962), la société est devenue ultra violente  et les rues sont pleines de voyous sans pitié. Alex, est un garçon intelligent mais il ne vibre qu’en faisant le mal sur fond de musique classique. Il sèche l’école, passe ses nuits à écumer les bars et tabasse toutes les innocentes âmes qui se trouvent sur sa route. Toutes les bonnes choses ayant une fin, il se fait trahir par ses amis, passe par la case prison et devient le cobaye du ministre de la défense qui souhaite tester un nouveau programme censé anéantir toute envie de violence. Le programme des réjouissances est le suivant : Drogue, visionnage de films ultra violents et musique classique jusqu’à la nausée.

Il est à noter qu’au début du livre Alex n’a que 14 ans quand il commencer à commettre d’horribles crimes alors que dans le film le personnage a la vingtaine (l’acteur Malcolm Mc Dowell en a 28 à l’époque).

Burgess a réussi le pari dingue de créer une nouvelle langue en faisant parler Alex et ses amis dans un argot appelé le Nadsat qui est un mélange d’anglais et de russe. La lecture de cet étrange dialecte peut paraître au premier abord compliquée (merci au glossaire) mais les même mots reviennent souvent et l’on finit par se prendre au jeu. La musique tient une grande place dans le livre, tant par la bande son presque exclusivement tournée vers le classique que par la musicalité des phrases.

La dimension philosophie de « L’orange mécanique » est indéniable et la violence racontée par Burgess est un élément permettant de construire les fondations de son discours. Il y est certes question du bien et du mal mais le thème central reste le libre arbitre. L’auteur écrit a plusieurs reprises qu’une personne qui n’est plus capable de faire un choix cesse d’être un homme.

Le gouvernement que l’auteur imagine a mis en place un système autoritaire qui frustre la jeunesse et les pousse à déverser leur haine dans la rue. La seule réponse que la politique trouve contre la violence est l’oppression. Le personnage d’Alex a choisi la révolte, il est complexe car il peut-être cultivé, raffiné, sympathique et gentiment mais aussi vicieux et sauvage. Alex indique même dans le dernier chapitre qu’il « faut que jeunesse se passe, hé oui. Sauf qu’être jeune, ça revient à être plus ou moins comme qui dirait un animal. » La différence majeure entre le film et le livre se trouve ici, dans le passage à l’âge adulte, mais il est difficile d’en dire plus sans spoiler la fin du roman.

Qu’il fasse le bien ou le mal l’Homme fait des choix en plein conscience sans déterminisme social ou génétique. Peu importe la quantité de libre arbitre que l’on possède, si la capacité de choisir le bien lui est enlevée, l’Homme cesse d’être Homme. Pour Burgess, il est préférable de vivre dans un monde de violence choisi que dans un monde conditionné et formaté.

Que l’on aime ou que l’on déteste, « L’orange mécanique » est un roman qui ne laisse pas différent. Burgess pensait avoir écrit un petit roman sans prétention mais c’est un chef d’oeuvre qu’il a publié, une oeuvre profondément philosophique qui conservera sa place parmi les meilleurs livres de tous les temps.

Ma phrase préférée :

« Peut-être n’est-il pas si bon que ça d’être bon, mon petit 6655321. Il se peut que ce soit affreux, même. Et ce disant, crois bien que je mesure jusqu’à quel point ces paroles peuvent sembler contradictoires. Je le sais, cela me vaudra des nuits et des nuits sans sommeil. Que veut Dieu ? Le Bien ? Ou que l’on choisisse le Bien ?  »

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