Charles Bukowski – « Contes de la folie ordinaire » : La vie sans fioriture

Coucou,

Cette semaine j’ai lu « Contes de la folie ordinaire » de Charles Bukowski.

Bukowski a grandi dans un climat de violence, il développe une forme très sérieuse d’acné et se voit comme un monstre. Il tombe dans l’alcool, vit dans des hôtels miteux mais il aime la littérature et la poésie alors il écrit sur ses années d’errance.

« Contes de la folie ordinaire » est composé de nouvelles très courtes qui apparaissent comme des anecdotes sans filtres. Bukowski n’a pas honte de montrer au monde la violence et la saleté. Il prend le lecteur par la main et le fair marcher sur les trottoirs les plus dégueulasse jusqu’au comptoirs des bars miteux, il le fait dormir dans des lits crasseux, dans les bras des putes. Il est sans tabou, incisif et révolté.

L’auteur assume son côté looseur, il raconte la difficulté d’écrire, il connait le rejet et l’assume. Il n’y a aucune volonté chez lui de camoufler la vérité pour la rendre plus belle. Bukowski, c’est l’Homme dans son plus simple appareil, détaché de toute convention sociale, il est animal, il y a quelque chose de brut, de primaire en lui, il ne s’en cache pas. Son style est comme lui, il ne fait pas de ronds de jambe, il va droit au but. Ne venez pas chercher dans les « Contes de la folie ordinaires » de  belles descriptions et des métaphores en n’en plus finir car vous serez déçu. Hank sait attraper son lecteur et l’emmener dans les tréfonds dégueulasses de son âme avec des phrases simples et une narration directe.

Il faut avouer qu’il y a beaucoup d’humour dans chacune des nouvelles, on pouffe, on rit, on rougit, on a un peu honte mais on continue pourtant à lire en espérant que personne ne viendra jeter un regard sur la page par dessus votre épaule. Beaucoup de sentiments se mélangent donc en très peu de pages.

Si j’ai apprécié cette lecture je comprends aisément que certain aient pu détester, je ne le conseille d’ailleurs pas à tout le monde, mais, si vous n’avez pas peur de vous salir, sautez dans le vide avec Bukowski, vous verrez bien si le parachute s’ouvre.

Ma phrase préférée :

« Bukowski pleurait quand Judy Garland passait au Philharmonic de New York, Bukowski pleurait quand Shirley Temple chantait I got Animal Crakers In My Soup, Bukowski a pleuré dans des hôtels minables, Bukowski ne sait pas s’habiller, Bukowski n’arrive pas à s’exprimer, Bukowski a peur des femmes, Bukowski a des aigreurs d’estomac, Bukowski est un grand angoissé, il déteste les dictionnaires, les bonnes soeurs, la petite monnaie, les bus, les églises, les bancs publics, les araignées, les moustiques, les tiques et les tarés, Bukowski n’a pas fait la guerre. Bukowski est un vieux, voilà quarante-cinq ans que Bukowski n’a pas joué au cerf-volant ; si Bukowski était un singe, il y a longtemps que la tribu l’aurait banni… »

 

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