Simon Johannin – « L’été des charognes » : Tant pis, on n’est pas né sous la même étoile

Coucou,

Cette semaine j’ai lu « L’été des charognes » de Simon Johannin.

Dans « L’été des charognes » un enfant  raconte sa vie à la Fourrière, un village rural dans lequel on joue à tuer les animaux pour contrer l’ennui.  On est loin du charme bucolique, ici, c’est la campagne, celle qui pue et qui fait mal, c’est comme un Marcel Pagnol qui aurait mal tourné.

Johannin a construit son roman en deux parties. La première s’articule autour de l’enfance du narrateur dans la campagne Française, un hameau perdu dans lequel les enfants sont élevés à la dure, ils assistent à la mise à mort des animaux et collectionnent les torgnoles. Ces rednecks  à la Française, élevés à la dure, trompent l’ennui dans la bouffe et la picole, les ongles noirs sur les volants des voitures des parents qui ne tiennent plus debout. Quel avenir la vie peut-elle réserver à un homme né dans cette ferme? C’est à cette question que l’auteur répond dans la deuxième partie du livre. L’enfant devient adolescent, il troque les arbres contre du béton, il arpente le bitume un joint à la main. La désillusion est un trou sans fond dans lequel notre (anti)héro tombe malgré lui.

« L’été des charognes » est un cri, animal, sourd, brutal.

Le lecteur assiste à contre coeur à la descente au enfers de ce jeune homme qui, au fond, n’est pas un mauvais bougre et dont le seul défaut est d’avoir été mal servi par la vie. Johannin décrit comme personne le mal-être de son personnage, l’angoisse et la solitude. Son personnage a le ventre troué par la détresse mais il ne blâme personne, que ce soit son village natal ou ses parents qu’il regarde avec tendresse, le seul coupable est le cosmos alors il regarde les étoiles qu’il pénètre jusqu’au tournis.

Poétique (vraiment poétique), lyrique, douloureux, « L’été des charognes » est une vraie bonne surprise, premier roman de l’auteur, il révèle un véritable talent et augure une belle carrière à Simon Johannin.

Ma phrase préférée :

« C’était tout ce qu’on était, des brindilles. On brûlait si fort d’un regard qui ne réchauffait personne et qui se consumait dans l’air humide de cet endroit sans but. »

 

2 Comment

  1. J’ai beaucoup aimé aussi. Malgré la dureté du sujet, la voix de Simon Johannin m’a complètement emportée. Un auteur que je surveillerai de près!

    1. DesLivresEtNous says: Répondre

      Un sujet très dur en effet mais un auteur brillant que surveillerai également de près !

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