Samanta Schweblin : « Des oiseaux plein la bouche » : des nouvelles délicieusement étranges

Coucou,

Aujourd’hui je vous parle des « Oiseaux plein la bouche » de Samanta Schweblin.

Il s’agit d’un recueil de nouvelles très courtes et percutantes. On y croise une adolescente qui ne peut plus se nourrir que de moineaux, un homme désespéré d’avoir tué sa femme devenu malgré lui un grand artiste, l’auteure Argentine nous dépose sur le quai d’une gare hors du temps dans laquelle le train ne s’arrête jamais, elle nous abandonne, amants éconduits, sur le bord d’une route de campagne.

« Toxique » avait déjà un petit côté dérangeant (je sais qu’il a laissé certains d’entre vous perplexes) mais ici, Schweblin frappe plus fort. L’étrange se mêle à la vie quotidienne, il prend la forme d’un inconnu qui creuse jour et nuit dans votre jardin, le sentiment d’incompréhension est entretenu par des non-dits qui mettent quelquefois le lecteur dans un état de malaise. Les personnages, eux, s’accommodent avec plus au moins de facilité aux situations extraordinaires et parfois absurdes qui  viennent chambouler leur vie.

Samanta Schweblin est la preuve que les femmes peuvent, elles aussi, manier l’étrange avec brio.

Si vous souhaitez sortir des sentiers battus, éclater votre bulle de sécurité et vous sentir en danger, laissez Schweblin  vous prendre par la main pour une petite balade à travers la brume de son esprit torturé.

Ma phrase préférée :

« J’ai réfléchi et me suis dis que si des gens mangeaient d’autres personnes, avaler des oiseaux vivants, ce n’était pas si grave. D’un point de vue médical, c’était plus sain que la drogue, et d’un point de vue social, plus facile à cacher qu’une grossesse à treize ans. »

 

3 Comment

  1. Ton billet me fait penser aux nouvelles du recueil « Ce que nous avons perdu dans le feu » de Mariana Enriquez.
    http://www.hopsouslacouette.com/2017/08/des-nouvelles-encore-des-nouvelles.html
    Les auteures argentines ont le don de plonger leurs lecteurs dans un état de malaise et d’étrangeté… Ce qui nous sort des sentiers (trop souvent) battus.
    Je note ces oiseaux. Et « Toxique » m’attend dans ma pal!

    1. DesLivresEtNous says: Répondre

      J’ai acheté « Ce que nous avons perdu dans le feu », mais je n’ai pas encore eu le temps de m’y plonger. Effectivement, il y a quelques chose de particulier chez les auteures Argentines, (je ne sais pas pourquoi), elles gagnent à être connues !

      Merci pour le lien de ta chronique, je vais aller lire ton avis le bouquin d’Enriquez ! j’ai l’impression qu’il y a beaucoup de neige au Quebec en ce moment, c’est un temps idéal pour lire ça !

  2. Ce sera un Noël blanc! 30 cm au sol. L’hiver est bien parti!