Jack Black : Faites vos jeux, « Personne ne gagne »

Coucou,

Ma première lecture de l’année est « Personne ne gagne » de Jack Black.

L’auteur, dont le vrai nom est Thomas Callaghan, né en 1871, a perdu sa mère très jeune et se voit placé dans un couvent de bonnes soeurs par son père. C’est dans ce lieu dans lequel il aurait dû apprendre la rigueur qu’il découvre la vie criminelle à travers les journaux.

A quinze ans, il aide une jeune prostituée à s’affranchir d’un bordel et fugue. Commence alors pour lui une vie de marginal.

En 1926, rangé, il décide d’écrire ses mémoires et de raconter ses années passées sur la route. Et de la matière, il y en a, car, « Blackie » comme ses camarades d’infortune aiment à l’appeler, a fait les quatre cents coups. Il a appris à cambrioler et détrousser, il a été perceur de coffres et a écumé les prisons.

L’époque qu’il décrit est celle pendant laquelle les criminels avaient un code d’honneur, ils respectaient une certaine hiérarchie et la solidarité avait une valeur primordiale. Black est dans le camp des méchants, il ne le réfute à aucun moment, mais il a toujours mis un point d’honneur à traiter ses victimes en tant que telles. Il porte sur ses années d’errances un regard lucide,  il ne cherche pas à laver sa conscience, s’il cherche à nous convaincre de quelque chose, c’est que le crime ne paie pas.

L’écriture ne brille pas par son style mais Jack Black réussi de manière percutante à nous transporter clandestinement avec lui dans les trains de marchandises, on s’imagine devant un feu à partager un repas frugal au milieu des vagabonds, on sent la fumée de l’opium et on goutte au pain rassis derrière les barreaux d’une prison sordide.

Il est également intéressant de constater que son analyse, notamment sur les effets des châtiments corporels infligés aux prisonniers, reste résolument moderne et ne tombe jamais dans le pathos.

Ne ratez surtout pas le très beau texte « Qu’est ce qui cloche chez les honnêtes gens » ajouté en annexe par l’auteur et dans lequel il offre une belle réflexion éclairée sur les conditions de détentions et les méthodes utilisées par le gouvernement.

Ma phrase préférée :

« Je me demande combien d’entre nous s’arrêtent de faire souffrir les autres pour la seule raison valable qui soit : parce que c’est mal et qu’on le sait. Le voleur qui est incapable ou refuse de se mettre à la place de sa victime, de celle du flic qui le coince ou  du juge qui le condamne, n’est pas un voleur accompli. »

« Tout ce que je peux dire avec certitude, c’est que la bienveillance engendre la bienveillance, et la cruauté engendre la cruauté. Alors faites votre choix, et récoltez ce que vous semez. »

2 Comment

  1. Il faut que je me le procure !
    la citation est très belle

    1. DesLivresEtNous says: Répondre

      Oui c’est très vrai !

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