Hervé Le Corre – « Prendre les loups pour des chiens » : Il faut toujours se méfier des apparences

Coucou,

Cette semaine j’ai lu « Prendre les loups pour des chiens » d’Hervé Le Corre.

Franck sort de prison, après six ans de captivité il pense retrouver la liberté mais finit coincé dans la maison familliale de Jessica, la petite amie de Fabien, son frère, parti pour régler de mystérieuses affaires en Espagne. Tout avait pourtant bien commencé, il s’était laissé submerger par le plaisir de respirer le grand air, des champs à perte de vue, et cette femme, si désirable, qui a fait renaître en lui des sensations oubliées depuis bien longtemps…

Puis, tout bascule. Franck est prisonnier de cette maison dans laquelle tout semble lui être ostile, les parents de Jessica sont imbuvables et leur fréquentations douteuses.

Lâché au milieu des loups, il sera entrainé bien malgré lui a coeur d’une machination infernale dont il ne maîtrisera rien.

Le Corre fait des paysages Girondins et de la nature un personnage à part entière, la chaleur etouffante prend le lecteur a la gorge et accentue la sensation de malaise. L’atmosphère moite devient presque malsaine, les non-dits et la rancoeur rendent l’air irrespirable. Franck subit une situation qu’il ne maîtrise pas, il est spectateur de sa propre vie, noyé dans les souvenirs de son enfance, il doit se démener pour couper les fils qui le dirigent comme une marionnette.

Il y a quelque chose de pudique dans l’écriture de Le Corre, les sentiments ne s’étalent pas à la truelle. C’est ce qui est touchant chez Franck, il ne se contente pas de penser à ce qu’il devrait faire, il se débat pour agir conformément à la personne qu’il voudrait être.

Il y a dans ce roman la simplicité que l’on reconnaît chez les auteurs qui n’ont pas besoin de subterfurge pour faire croire au talent. Tout est là, simple et brutal, un roman noir, brillant.

Ma phrase préférée :

 » C’était un plaisir glouton de gosse gourmand, une espèce de plénitude animale qui le ramenait mine de rien de ce côté-ci du monde, dans la lumière aveuglante inondant tout, parmi la rumeur des voix et l’agitation des foules d’humains s’affairant en tous sens, mouches collées à une vitre dont elles ne comprendraient jamais l’infranchissable transparence. Il ne savait pas mettre de mots sur les contours et les murs invisibles de cette prison-là. »

 

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