Bernard Quiriny – « L’affaire Mayerling » : Vends 3 pièces démoniaque, belle orientation

Coucou,

J’ai terminé ma lecture de « L’affaire Mayerling » de Bernard Quiriny.

Certains ont attendu ça toute leur vie, devenir propriétaire. Ils se sont serrés la ceinture, ils ont mis des mois voire des années pour trouver LE bien parfait, et, le voici enfin. Le Mayerling est sorti de terre, il est là, dans son écrin de verdure, le géant de béton attend d’être investi par ses nouveaux habitants. Le promoteur a tout de même oublié de préciser un petit détail dans la brochure publicitaire… oh… trois fois rien, l’immeuble rend les gens fous.

Les Lemoine ont une envie soudaine de s’entretuer, Madame Camy se met subitement à brûler de désir et Madame Choppart voit des fantômes.

Le pouvoir du bâtiment ne s’arrête pas à ses habitants, il suffit à un automobiliste de s’approcher d’un peu trop près du bâtiment pour perdre les pédales.

Le talent humoristique de Quiriny est évident, les situations sont toujours cocasses, inattendues et absurdes. On pourrait presque y voir une sorte de « Gang de la clé à molette » (Edward Abbey) en milieu urbain lorsque les copropriétaires se liguent contre l’immeuble. Comment lutter contre une force invisible qui a pris possession d’un bâtiment?

Notre appartement, notre maison est un cocon façonné à notre image, comment gérer le fait que cette chose si intime représentant l’investissement d’une vie puisse se retourner contre nous?

Au-delà de la blague, on peut voir dans « L’affaire Mayerling » une véritable satyre d’une urbanisation rampante brutale qui transforme nos paysages en forêts bétonnées. Les villes deviennent des cités dortoir sans âme et  la volonté de devenir propriétaire nous rend victimes de la cupidité des promoteurs, avalant au passage la soupe servie par des publicités mensongères. Un appartement est finalement un bien de consommation comme un autre.

Un livre intelligent et vraiment drôle (c’est assez rare pour être noté) qui parlera à tout le monde. A se procurer de toute urgence donc.

Ma phrase préférée :

« Le cas Paul est évidemment extrême, mais le phénomène est général, et touche la plupart des résidences modernes construites à la va-vite avec des matériaux défectueux : vos voisins, spécialement ceux du dessus, sont vos ennemis. De la pire sorte : des ennemis de l’intérieur, qui vous pourrissent l’existence par des voies privilégiées redoutables. Leurs murs prolongent les vôtres. Leur tuyauterie se raccorde à la vôtre. Vous les appelez vos voisins, mais la vérité, c’est qu’ils habitent avec vous. Ils vivent chez vous. »

 

2 Comment

  1. Le sujet m’intéresse au plus haut point!
    Je valide et rejoins l’idée qu’il faut dénoncer cet urbanisme sauvage qui profite aux entrepreneurs cupides. Les jardins des belles maisons dans ma petite ville de grande région parisienne sont petit à petit remplacés par des immeubles. Notre maison et beau jardin résistera!!!
    Ce livre va faire faire partie de la liste «des à lire»!
    Belle journée

    1. DesLivresEtNous says: Répondre

      A Monpellier aussi, on voit les maisons disparaître pour être remplacées par des immeubles… On se demande à quoi tout cela va ressembler dans quelques années. J’espère que ce livre vous plaira !
      Bonne journée également

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