Frederick Exley – « Le dernier stade de la soif » : Peu importe le flacon

Coucou,

Aujourd’hui je vous parle de la « vraie-fausse » biographie de Frederick Exley, « Le dernier stade de la soif », publiée il y a peu par la superbe maison d’édition Monsieur Toussaint L’Ouverture.

Exley nous offre ici un ouvrage brut, sa vérité et ses failles son exposées sous une lumière crue, un éclairage blanc entre les quatre murs d’une chambre d’hôpital psychiatrique. « Le dernier stade de la soif », c ‘est la photo d’une plaie ouverte sur le corps d’un homme qui n’arrive plus à suivre les codes d’une société qu’il ne comprend pas et qui ne cherche pas à le comprendre. Il refuse de suivre les règles de la bienséance, exècre les beaux costumes et la culture du faux-semblant.

Le titre original « A fan’s note » était certainement plus approprié car l’auteur est avant tout un vrai fanatique de football. Il suit les exploits de son joueur préféré qu’il vénère comme un dieu car il considère que le destin de cet homme représente tout ce qu’il ne sera jamais. La renommée de son père a toujours donné l’impression au petit Exley d’être relégué au second plan, et l’adulte qu’il est devenu ne s’autorise qu’à rêver de gloire alors qu’il squatte le canapé de ses amis. Il n’exploite pas ses talents, joue à l’écrivain mais n’écrit pas une ligne, prétend être un idiot et se moque de ce que l’on peut bien penser de lui.

Lorsque l’on décide de passer à côté de sa vie, on ne risque pas l’échec.

Est-ce la société qui a transformé l’artiste en looser? Pour réussir, il faut être beau, cultivé, intelligent et drôle, la pression sur nos épaules est telle que certaines personnes péfèrent baisser les bras pensant le combat perdu d’avance.

Frederick Exley s’imagine en poète maudit, il aime se donner l’image de l’artiste incompris dont le génie est sous estimé et la découverte de ses confessions confirment le talent de l’écrivain.

Un roman désabusé et bestial qui promet une jolie gueule de bois.

Ma phrase préférée :

« Je ne suis pas mêlé à tout cela, ma vie n’est que détachement, ironie et frivolité, ce qui n’est peut-être pas une posture particulièrement noble, mais elle a au moins le mérite de ne pas prétendre savoir ce qui est bien pour autrui. »

 

1 Comment

  1. Il y a un bout que ce roman me fait de l’oeil. J’hésite pour une seule raison: je crains le ton complaisant – misérabiliste. Ai-je tort?

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