Doit-on faire sa rentrée littéraire ?

Coucou,

Depuis quelques semaines il est impossible de trainer sur les réseaux sociaux ou d’allumer sa télé sans entendre parler de « Rentrée littéraire », de « Prix Goncourt » ou de « Prix Renaudot ».

A-t-on le droit d’avoir une vie sociale lorsque cette sélection de livres nous laisse de marbre? Va-t-on nous jeter des petits cailloux si on ne s’est pas penché sur la liste des romans sélectionnés pour obtenir un de ces prestigieux prix?

Débarquez en soirée en déclarant aimer la lecture sans connaître le nouveau catalogue et vous vous heurterez aux mêmes regards auxquels vous auriez eu droit si vous aviez mis des chaussettes avec des Birkenstock (Ok, ça dépend des soirées).

En 2019, entre mi-août et mi-octobre, nous assistons à la parution de 524 romans.

Certains arrivent à tirer leur épingle du jeu en créant le buzz (Yann Moix a-t-il menti?) ou en créant la surprise (Amélie Nothomb avec « Soif ») mais la majorité des écrivains doivent jouer des coudes pour sortir du lot. Nous autres, pauvres lecteurs, sommes perdu dans un flot de conseils plus ou moins judicieux, avec la sensation de devoir acheter les livres encensés par une critique médiatique obscure dont les enjeux nous échappent.

Les journalistes ont-ils réellement lu jusqu’au bout les livres dont-ils parlent? impossible, pour eux, comme pour nous, d’ouvrir tous les livres proposés par nos chers libraires pour le grand rush de la rentrée littéraire. On peut donc se demander quels sont les critères qui ont guidés leur choix. Le prix d’un livre complique d’autant plus les choses, en effet, il vaut mieux ne pas se tromper sous peine de s’être délesté de 25 euros pour passer un mauvais moment.

On se tourne aujourd’hui vers les blogueurs littéraires et les sites de partages de commentaires comme Babelio, les éditeurs l’ont bien compris et montent des opérations pour se faire de la pub. Peu importe le type de média choisi car, finalement, les blogueurs et les critiques « papiers » ou média audio-visuels sont en réalité complémentaires. Le problème ne vient donc pas vraiment de la source. Ce que l’on demande avant tout aux critiques c’est de se comporter de manière éthique et indépendante.

Personnellement, lorsque j’entends un avis positif sur un livre, je traine sur internet pour avoir des avis de lecteurs et je demande autour de moi.

Ces derniers temps, j’ai l’impression d’avoir beaucoup (trop?) entendu parler d' »Orléans » de Yann Moix, « Soif » d’Amélie Nothomb et « Nous étions nés pour être heureux » de Lionel Duroy. Quant à Instagram, je vois énormément de post sur « Bad » de Chloé Esposito (je me suis demandée si ce bouquin avait été envoyé par palettes aux bookstagrameurs ou s’il s’agissait d’un réel engouement). J’ai du mal à avoir envie de me pencher sur ces lectures. J’ai peut-être, à tord, l’impression que si ces ouvrages nécessitent de faire autant de tapage c’est qu’on essaie de me vendre de la soupe.

Alors, rentrée littéraire ou pas? Je ne suis pas très emballée cette année et ma pile à lire déborde de bouquins qui me font envie. Pourquoi me forcer  à lire un roman sous prétexte qu’il fait partie de la rentrée littéraire?

Concernant les prix littéraires, c’est la même chose. J’avais beaucoup aimé « Chanson Douce » de Leïla Slimani mais j’avais détesté « Cannibales » de Régis Jauffret pour lequel j’avais entendu un nombre incalculable de louanges (Bernard Pivot avait dit de ce livre qu’il était à « s’en lécher les babines »), tous deux en lices pour le Goncourt 2016 (remporté par Leïla Slimani).

J’ai tout de même eu envie de lire le dernier Céline Coulon « Une bête au Paradis ». Me suis-je faites avoir par les bonnes critiques de tout bord? Verdict bientôt.

Concernant les envois par les maisons d’édition, je n’accepte de recevoir que les livres dont le pitch me plaît et je préviens que la critique postée sera honnête, j’ai donc accepté de recevoir « Miss Islande » d’Ava Olafsdottir Audur.

Pour conclure, je pense qu’il n’y a pas de bon ou de mauvais choix, un livre est comme une rencontre, tout dépend de notre humeur, du moment dans lequel il entre dans nos vie. Certains ouvrages nous divertissent simplement et d’autres nous laissent des souvenir impérissables, ils peuvent changer la vision que nous avons du monde qui nous entoure (rien que ça). Ainsi… peu importe les polémiques et les sorties littéraires bruyantes, l’important est de se fier à son instinct et ses envies.

Et si vous n’avez que faire de la rentrée littéraire, mettez des chaussettes avec des Birkenstock pour détourner l’attention….

 

Pour info, voici la liste des livres en lices pour le Goncourt, le Renaudot, le Medicis et le Femina :

 

Goncourt :

Le ghetto intérieur, Santiago H. Amigorena, éd. P.O.L

Le ciel par-dessus le toit, Nathacha Appanah, éd. Gallimard

Un dimanche à Ville-d’Avray, Dominique Barbéris, éd. Arléa

La part du fils, Jean-Luc Coatalem, éd. Stock

Mur Méditerranée, Louis-Philippe Dalembert, éd. Sabine Wespieser

Tous les hommes n’habitent pas le monde de la même façon, Jean-Paul Dubois, éd. L’Olivier

Un monde sans rivage, Hélène Gaudy, éd. Actes Sud

Rouge impératrice, Léonora Miano, éd. Grasset

La terre invisible, Hubert Mingarelli, éd. Buchet Chastel

Soif, Amélie Nothomb, éd. Albin Michel

Avant que j’oublie, Anne Pauly, éd. Verdier

Sœur, Abel Quentin, éd. L’Observatoire

Extérieur monde, Olivier Rolin, éd. Gallimard

Le cœur battant du monde, Sébastien Spitzer, éd. Albin Michel

Les choses humaines, Karine Tuil, éd. Gallimard

 

RENAUDOT :

Le ghetto intérieur, Santiago H. Amigorena, éd. P.O.L

Le ciel par-dessus le toit de Nathacha Appanah (Gallimard)

Un dimanche à Ville-d’Avray de Dominique Barbéris (Arléa)

La part du fils de Jean-Luc Coatalem (Stock)

Mur Méditerranée de Louis-Philippe Dalembert (Sabine Wespieser)

Tous les hommes n’habitent pas le monde de la même façon de Jean-Paul Dubois (L’Olivier)

Un monde sans rivage d’Hélène Gaudy (Actes Sud)

Rouge impératrice de Léonora Miano (Grasset)

La terre invisible d’Hubert Mingarelli (Buchet Chastel)

Soif d’Amélie Nothomb (Albin Michel)

Avant que j’oublie de Anne Pauly (Verdier)

Sœur d’Abel Quentin (L’Observatoire)

Extérieur monde d’Olivier Rolin (Gallimard)

Le cœur battant du monde de Sébastien Spitzer (Albin Michel)

Les choses humaines de Karine Tuil (Gallimard)

 

MEDICIS

Le Ghetto Intérieur, Santiago H. Amigorena (éd. POL)

Jour de courage, Brigitte Giraud (éd. Flammarion)

Rose désert, Violaine Huisman (éd.Gallimard)

Les grands cerfs, Claudie Hutzinger (éd. Grasset)

La Chaleur, Victor Jestin (éd. Flammarion)

La tentation, Luc Lang (éd. Stock)

Querelle, Kevin Lambert (éd. Le Nouvel Attila)

ProtocoleGouvernante, Guillaume Lavenant (éd. Rivages)

Les Yeux rouges, Myriam Leroy (éd. Seuil)

Cora dans la spirale, Vincent Message (éd. Seuil)

Mon ancêtre Poisson, Christine Montalbetti (éd. POL)

Les Jungles rouges, Jean-Noël Orengo (éd. Grasset)

Éden, Monica Sabolo (éd. Gallimard)

Un soleil en exil, Jean-François Samlong (éd. Gallimard «Continents noirs»)

Et l’ombre emporte ses voyageurs, Marin Tince (éd. Seuil)

La Fracture, Nina Allan, traduit par Bernard Sigaud (éd. Tristram)

Un livre de martyrs américains, Joyce Carol Oates, traduit par Claude Seban (éd. Philippe Rey)

Solénoïde, Mircea Cartarescu, traduit par Laure Hinckel (éd. Noir sur Blanc)

Et tournera la roue, Selahattin Demirtas, traduit par Emmanuelle Collas-Heddeland (éd. Emmanuelle Collas)

La Jumelle H, Giorgio Falco, traduit par Louise Boudonnat (éd. Verdier)

Le grand royaume des ombres, Arno Geiger, traduit par Olivier Le Lay (éd. Gallimard)

Estuaire, Lidia Jorge, traduit par Marie-Hélène Piwnik (éd. Métailié)

Faserland, Christian Kracht, traduit par Corinna Gepner (éd. Phébus)

Kintu, Jennifer Nansubuga Makumbi, traduit par Céline Schwaller (éd. Métailié)

Miss Islande, Auður Ava Olafsdottir, traduit par Éric Boury (éd. Zulma)

Ce que l’on sème, Regina Porter, traduit par Laura Derajinski (éd. Gallimard)

Girl, Edna O’Brien, traduit par Aude de Saint-Loup et Pierre-Emmanuel Dauzat (éd. Sabine Wespieser)

Ordesa, Manuel Vilas, traduit par Isabelle Gugnon (éd. du Sous-Sol)

 

FEMINA

Le Ciel par-dessus le toit de Nathacha Appanah (Gallimard)

Quand la parole attend la nuit de Patrick Autréaux(Verdier)

Un dimanche à Ville-d’Avray de Dominique Barbéris (Arléa)

Un autre Eden de Bernard Chambaz (Seuil)

UnPur d’Isabelle Desesquelles (Belfond)

Scrabble de Michael Ferrier (Mercure de France)

Les Grands cerfs de Claudie Hunzinger (Grasset)

La Chaleur de Victor Jestin (Flammarion)

Chronique d’une station-service d’Alexandre Labruffe (Verticales)

La Tentation de Luc Lang (Stock)

Le Bal des folles de Victoria Mas (Albin Michel)

Avant que j’oublie d’Anne Pauly (Verdier)

Par les routes de Sylvain Prudhomme (Gallimard)

Opus 77 d’Alexis Ragougneau (Viviane Hamy)

Eden de Monica Sabolo (Gallimard)

Les Choses humaines de Karine Tuil (Gallimard)

La Fracture de Nina Allan, traduit par Bernard Sigaud (Tristram)

Je ne reverrai plus le monde d’Ahmet Altan, traduit par Julien Lapeyre de Cabanes (Actes Sud)

Borgo Vecchio de Giosuè Calaciura, traduit par Lise Chapuis (Notabilia)

Le Grand royaume des ombres d’Arno Geiger, traduit par Olivier Le Lay (Gallimard)

La Fabrique des salauds de Chris Kraus, traduit par Rose Labourie (Belfond)

Les Hommes d’août de Sergueï Lebedev traduit par Luba Jurgenson (Verdier)

Bleuets de Maggie Nelson, traduit par Céline Leroy (Sous-Sol)

L’Ami de Sigrid Nunez, traduit par Mathilde Bach (Stock)

Girl d’Edna O’Brien, traduit par Aude de Saint-Loup et Pierre-Emmanuel Dauzat (Sabine Wespieser)

Appia de Paolo Rumiz, traduit par Béatrice Vierne (Arthaud)

Ordesa de Manuel Vilas, traduit par Isabelle Gugnon (Sous-Sol)

 

 

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